Les nuances dans la sincérité

Jules Lefevre (Musée d’Orsay)

On confond souvent la franchise avec la sincérité. Or ce sont deux choses différentes. D’ailleurs, la franchise peut-être une qualité, mais pas toujours, car elle peut blesser autrui. La franchise consiste à dire ce que l’on pense, d’une manière directe. Elle peut-être une facette de la sincérité, un aperçu, mais elle n’est pas la sincérité.

On peut davantage rapprocher l’honnêteté de la sincérité : c’est la probité dans les actes, et la vérité dans la parole. A l’inverse, la malhonnêteté intellectuelle est synonyme de mauvaise foi, où l’on se ment à soi-même, donc aux autres. Le déni est l’arme numéro un de l’ego pour se faire croire ce que l’on est pas, en mieux bien sûr, par pur orgueil ! C’est par nature, ce qui nous empêche d’évoluer.

D’un point de vue spirituel, la malhonnêteté date de la Chute et du mensonge originel. Et aussi du fait d’avoir douté de la parole de Dieu : c’est ce qui a fait connaître le mal à Adam et Eve, qui ont alors découvert qu’ils étaient nus, c’est à dire, vulnérables.

L’honnêteté  est moralement plus noble que la franchise, mais elle reste elle aussi une facette de la sincérité : elle n’est pas la sincérité.

L’honnêteté est toutefois une qualité indispensable pour devenir sincère, car tel un marchepied à franchir,  elle permet de se voir tel qu’on est, de voir ses forces comme ses faiblesses, avec humilité, et non tel qu’on voudrait être. Ceci afin de pouvoir s’améliorer, et changer en conséquence, ses actes dans sa vie .

Mais alors, qu’est-ce que la sincérité ?

La sincérité peut être considérée davantage comme une vertu qu’une qualité, car elle se traduit jusque dans les actes, dans le comportement, le savoir être. C’est même une vertu de base dans la spiritualité.

Pourquoi ? Parce que la spiritualité, implique d’évoluer, de se transformer pour devenir meilleur, plus vertueux. Évoluer spirituellement implique tout simplement de se débarrasser de ses conditionnements, de ses propres mensonges, pour être soi. Le travail sur soi, la prière, la méditation aident à se poser, à accroître sa conscience, son attention, afin d’oser se voir tel qu’on est, et d’analyser ses croyances, ses sentiments, ses actes, ses penchants. Bref, c’est apprendre à se connaître vraiment, par amour du bien, voire même, par amour de Dieu.

La sincérité est une vertu qui se voit jusque dans les actes. Cela rejoint ce que disait Saint Paul, quand il regrettait que ses membres n’agissaient pas toujours ses pensées.

Le Dalaï-lama le dit autrement : « Si tu veux connaître quelqu’un, n’écoute pas ce qui dit, regarde ce qu’il fait ».

Être sincère, c’est donc être vrai, être soi, dans les paroles comme dans les actes, sans calculer. Le rapport entre la sincérité et la vérité se trouve là. La vérité est l’essence même de la sincérité. C’est l’Esprit de Vérité qui s’exprime à travers soi.

Ainsi, on éradique peu à peu en soi le mensonge dans la parole et l’hypocrisie dans les actes. On peut parler aux autres en étant soi, sans blesser, car être sincère, c’est être lumineux dans sa vérité, et bienveillant par nature.

Comme l’allégorie de la vérité nue sortant du puits, la sincérité fait de nous des êtres vulnérables, donc beaux.  Elle suscite le respect et l’admiration chez les autres.

Et elle permet d’accéder aux autres vertus… C’est pourquoi la Sincérité est la vertu de base dans la spiritualité.

© Rosa Lise

 

 

 

 

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